La Russie et la Chine ont opposé lundi leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant une trêve de sept jours à Alep et

l'arrêt des combats dans l'ensemble de la Syrie.

La Russie et la Chine ont mis, lundi 5 décembre, leur veto au Conseil de sécurité à une résolution demandant une trêve humanitaire de sept jours à Alep. Le Venezuela a aussi voté contre ce texte présenté par l'Espagne, l'Égypte et la Nouvelle-Zélande. L'Angola s'est abstenu. Les 11 autres pays ont voté pour.

C'est la sixième fois que le texte est proposé, la sixième fois qu'il est rejeté.

Le projet de résolution rejeté prévoyait que "toutes les parties au conflit syrien mettent fin à toutes leurs attaques dans la ville d'Alep" pendant une période de sept jours renouvelable. Il prévoyait également qu'ils "permettent de répondre aux besoins humanitaires urgents" en laissant entrer les secours destinés aux dizaines de milliers d'habitants de la partie rebelle qui sont assiégés.

La Russie, alliée du régime du président syrien Bachar al-Assad, avait émis de fortes réserves sur ce texte, négocié pendant plusieurs semaines. En dernière minute, elle a tenté d'obtenir un report du vote jusqu'à mardi au moins. Mais après des consultations, les promoteurs du texte – soutenus par Washington, Londres et Paris – ont décidé d'aller de l'avant.

"Nous ne laisserons pas la Russie embobiner le Conseil"

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a estimé que le Conseil aurait dû attendre les résultats d'une réunion mardi à Genève entre Américains et Russes. Selon Moscou, ces pourparlers portent sur un plan pour obtenir le retrait de tous les combattants rebelles d'Alep-Est, partie de la ville assiégée par les forces du régime.

Pour l'ambassadrice adjointe américaine Michele Sison, la Russie ne dit pas la vérité. "Il s'agit d'un alibi monté de toutes pièces", a-t-elle affirmé. Il n'y a "pas de percée" dans ces discussions bilatérales "parce que la Russie veut conserver ses gains militaires". "Nous ne laisserons pas la Russie embobiner le Conseil", a-t-elle lancé.

La résolution, si elle avait été adoptée, aurait "représenté une fragile lueur d'espoir" et aurait permis de "sauver des vies", a déploré l'ambassadeur français François Delattre, accusant Moscou d'avoir "décidé de prendre Alep quel que soit le coût humain" d'une victoire militaire.

Le ministre français des Affaires Étrangères Jean-Marc Ayrault a dénoncé, lui, à Paris "l'obstruction de la Russie". Celle-ci empêche le Conseil de sécurité "d'assumer ses responsabilités à l'égard des populations civiles en Syrie qui font face à la folie destructrice du régime de Bachar al-Assad, comme des groupes terroristes, à commencer par Daech", acronyme arabe du groupe État islamique.