Les opposants du président vénézuélien Nicolas Maduro ont manifester en silence après 20 morts en 3 semaines

Posted by AFP on Saturday, April 22, 2017 Under: Amérique Latine
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Vêtus de blanc, les opposants au président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro commençaient samedi à se rassembler pour manifester "en silence" à travers le pays une colère populaire grandissante, avec des violences qui ont déjà fait 20 morts en trois semaines.

Des contingents de militaires et policiers surveillaient à la mi-journée les points d'accès à Caracas, lieux d'affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre au cours des précédents défilés. Les anti-Maduro commençaient eux à se réunir aux différents points de départ de la marche définis par l'opposition et certains d'entre eux priaient avec un chapelet.

La mobilisation se dirigera cette fois vers les sièges de l'épiscopat vénézuélien dans tout le pays. Le gouvernement socialiste a d'ores et déjà accusé l'Eglise d'être un "acteur politique" au côté de l'opposition.

Cette dernière, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, a promis de ne pas cesser les manifestations jusqu'à obtenir son objectif principal : des élections anticipées.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des troubles ont encore éclaté dans plusieurs quartiers de Caracas, les forces de sécurité utilisant des grenades de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Selon plusieurs témoins, des hommes armés à moto ont parcouru les rues de la capitale, causant la panique chez la population.

Mercredi et jeudi, les défilés de dizaines de milliers d'opposants avaient déjà dégénéré en heurts et pillages, certains manifestants lançant des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène. Dans la seule nuit de jeudi à vendredi, douze personnes sont mortes à Caracas.

- 'Blocage national' lundi -

Gouvernement et opposition s'accusent mutuellement de cette spirale de violence qui a fait 20 morts et des centaines de blessés depuis le 1er avril, quand a démarré cette vague de manifestations de colère. Plus de 600 personnes ont été arrêtées, selon l'ONG Foro Penal.

Jorge Rodriguez, le maire d'un district de Caracas, a notamment qualifié les dirigeants de l'opposition de "bêtes assoiffées de sang", en assurant qu'ils "voulaient brûler vifs" des enfants.

Après les défilés de samedi, un "blocage national" des routes est prévu lundi.

Les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013) sont engagés dans un bras de fer avec le gouvernement et multiplient les mobilisations en misant sur l'épuisement du camp adverse.

Pour le politologue Luis Salamanca, il est en effet difficile que ces manifestations puissent précipiter le départ de Maduro cette année. L'objectif de cette "course de fond" est plutôt l'élection présidentielle de décembre 2018.

"Le peuple ne se fatigue jamais. Il n'a plus peur et va conquérir sa liberté", a promis vendredi soir sur "CNN en español" le président du Parlement, Julio Borges.

Dans ce pays pétrolier qui a sombré économiquement avec la chute des cours du brut, la majorité des aliments et médicaments manquent. "Le pays n'a plus un seul os en bonne santé. Les gens vont continuer à manifester" malgré la répression, prédit le sociologue Francisco Coello.

- Pression sur Caracas -

Et dans cette bataille, l'opposition a retrouvé une image d'unité, un soutien populaire et des alliés à l'international qi exercent une pression sur Caracas.

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, a dénoncé vendredi la "lâcheté" du gouvernement Maduro.

"Quand les leaders politiques donnent l'ordre de tirer contre leur propre peuple, c'est un signal très fort de lâcheté et de fragilité du régime vénézuélien", a déclaré à l'AFP M. Almagro, en déplacement au Paraguay.

Onze pays latino-américains et les Etats-Unis ont plaidé pour le respect du droit à manifester de manière pacifique et pour des élections permettant de sortir de la crise. Jeudi, l'Union européenne a condamné la violence.

M. Maduro, qui dénonce un "coup d'Etat terroriste" fomenté selon lui par les Etats-Unis - une accusation rejetée par Washington - a renforcé ces derniers jours la présence policière et de l'armée qui lui a apporté son soutien "inconditionnel".

Alors que son mandat court jusqu'à fin 2018, sept Vénézuéliens sur dix souhaitent son départ immédiat, selon un sondage Venebarometro.

La précédente vague de manifestations ayant secoué le pays en 2014 avait fait 43 morts, selon le bilan officiel.


In : Amérique Latine 



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