Le premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a annoncé la fermeture de la prison de Maekelawi

Posted by LeFigaro on Monday, January 8, 2018 Under: Afrique
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Le premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a annoncé la fermeture de la prison de Maekelawi, notoirement connue pour les actes de torture qu'elle abrite. Le centre de détention devrait laisser place à un musée. Il a ajouté que nombre de prisonniers politiques seraient prochainement libérés.

La fermeture est symbolique, tant Maekelawi évoque la dérive violente de l'État, que dénoncent régulièrement les ONG. Fisseha Tekle, chercheuse au sein d'Amnesty International évoque «une chambre de torture, dont se servaient les autorités éthiopiennes pour interroger brutalement tous ceux osant porter des opinions dissidentes, y compris les manifestants pacifiques, les journalistes et les figures de l'opposition.»

Les défenseurs des droits de l'homme ont accueilli ces déclarations avec prudence. Ils demandent la fin de la répression visant les voix dissidentes, ainsi qu'un accès aux médias étrangers et à Internet, dont l'accès a été largement restreint depuis le mois de décembre.

«Consensus national»
Suite à une erreur d'interprétation ayant conduit à annoncer une amnistie de l'ensemble des prisonniers, selon le cabinet du Premier ministre, il a été précisé qu'une partie seulement des détenus seraient graciés. Aucune précision n'a encore été donnée sur l'identité et le nombre des dissidents concernés. C'est aussi la première fois que le gouvernement reconnaît l'existence de prisonniers politiques.

Le chef du gouvernement a ajouté que ceux-ci seraient invités à participer à la coalition qui dirige le pays depuis 1991, ce afin d'«établir un consensus national» et d' «élargir l'espace démocratique». Hailemariam Desalegn dit vouloir «encourager la réconciliation nationale». Le pays de plus de 100 millions d'habitants, connaît en effet, depuis deux ans une grande agitation populaire. Le pouvoir a «réalisé que le paysage politique ne cessait de changer, et qu'il devait accéder aux demandes du peuple s'il voulait se maintenir», souligne Awol Allo, analyste politique à l'Université de Keele en Grande-Bretagne, dans le Finantial Times.

Instabilité depuis 2015
Les manifestations, qui secouent le pays depuis 2015, ont commencé après que le gouvernement a annoncé vouloir étendre le périmètre d'Addis-Abeba sur plus d'un million d'hectares. L'expansion urbaine aurait entraîné l'expulsion des agriculteurs dont les terres entourent la capitale. La population oromo, majoritairement rurale, a dès lors accusé le gouvernement de vouloir l'exproprier de ses terres. Marginalisées face aux tigréens, qui ont accaparé le pouvoir depuis 1991 au sein du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRD), les deux ethnies majoritaires du pays, les oromo - qui comptent pour plus de 30% de la population du pays - et les amhara, se sont unies dans la contestation du gouvernement.

Les étudiants ont embrayé avec des manifestations qui se sont rapidement étendues dans la région d'Amhara. Celles-ci ont été sévèrement réprimées: près de 940 personnes y auraient trouvé la mort, selon la Commission éthiopienne des droits de l'Homme. La contestation a continué de gronder malgré l'abandon du plan, conduisant le gouvernement à décréter l'état d'urgence. Il a conduit à l'arrestation de plus de vingt-mille personnes: contestataires, journalistes, bloggeurs, ainsi que près de mille responsables politiques, parmi lesquels des figures importantes de l'opposition, sont emprisonnés.

Des civils syriens inspectent les dégâts causés à Hamouria, dans la région du Ghouta oriental, après le bombardement des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés russes, le 6 janvier 2018.Le régime syrien lance une série de raids aériens

In : Afrique 



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