L’ONU: de scandale en scandale au Centrafrique

Posted by AFP on Tuesday, March 1, 2016 Under: Afrique


Bangui | Pas une semaine ne passe sans que l’ONU révèle un nouveau scandale en Centrafrique: les allégations d’abus sexuels de ses Casques bleus sur des civils se multiplient dans ce pays meurtri par des années de guerre, où le commerce du sexe est devenu un moyen de survie généralisé.

Depuis le début du mandat onusien pour déployer la Minusca en Centrafrique en septembre 2014, 42 cas présumés d’exploitation ou d’abus sexuels commis par des Casques bleus ont déjà été signalés. Parallèlement, la justice française enquête sur de présumés cas de viols commis par des soldats de l’opération Sangaris.

L’an dernier, près d’un tiers des cas recensés par l’ONU au sein de ses 16 missions de paix dans le monde concernait la Minusca.

«Nous avons tristement la palme d’or et c’est inacceptable», déplore le chef de la mission de l’ONU à Bangui, Parfait Onanga-Anyanga.

La dernière affaire, révélée le 16 février, concernait quatre enfants qui auraient été abusés par des soldats de la RD Congo dans un camp de déplacés de l’est du pays, à Ngabkobo.
Pour Parfait Onanga-Anyanga, «ce ne sont certainement pas les derniers cas, il n’y a pas de raison que cela s’arrête là, maintenant que les langues se délient».

De nombreuses nationalités ont déjà été mises en cause (Congo, RDCongo, Maroc, Bengladesh, Niger, Sénégal...) - dont certaines citées publiquement par l’ONU, une première.

À chaque fois ou presque, ces drames se sont produits très près de camps de déplacés particulièrement vulnérables, à proximité d’une base de la Minusca.

Certaines victimes ont évoqué des agressions sous la contrainte, comme cette jeune femme de 18 ans qui dit avoir été violée par trois hommes armés fin 2015 alors qu’elle cherchait de l’argent ou de la nourriture sur la base de soldats congolais de Bambari (est): «ils m’ont emmenée en brousse (...) Ils étaient armés. Ils ont dit que si je résistais, ils me tueraient», a-t-elle expliqué à l’ONG Human rights watch.

Mais au-delà des scandales impliquant l’ONU, dans ce pays ravagé par trois années de conflit où sévissent encore de nombreux groupes armés, les violences sexuelles sont généralisées partout dans le pays.

30 000 cas

D’après le Fonds des Nations unies pour la population, 30 000 cas - notamment de viols - ont été enregistrés au cours des dix premiers mois de l’année 2015, un chiffre probablement bien en deçà de la réalité puisque la plupart des victimes se taisent.
Mais pour les plus démunis, le commerce du sexe est surtout devenu un moyen de survie.

In : Afrique 



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