Brésil: Toute l'élite politique risque d'être emportée par le scandale de corruption Petrobras

Posted by AFP on Wednesday, May 4, 2016 Under: Amérique Latine



De l'ex-président Lula au chef de l'opposition, presque toute l'élite politique brésilienne risque désormais d'être emportée par le scandale de corruption Petrobras, à quelque jours de la très probable mise à l'écart du pouvoir de la présidente Dilma Rousseff.

Le procureur général du Brésil Rodrigo Janot a donné mardi soir un coup d'accélérateur explosif au volet politique de l'affaire, dont seul sort indemne le vice-président Michel Temer, 75 ans, appelé à substituer Mme Rousseff, 68 ans, malgré sa mise en cause par plusieurs inculpés.

Le procureur a demandé au Tribunal suprême fédéral (STF) l'autorisation d'enquêter sur l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, trois ministres du Parti des travailleurs (PT) proches de Mme Rousseff et 27 autres personnes dont des députés et un sénateur du PMDB, le grand parti centriste de Michel Temer.

politique Le procureur Janot a également demandé, selon les médias brésiliens, l'autorisation d'ouvrir une enquête pour "obstruction à la justice" contre Mme Rousseff, portant notamment sur la nomination controversée de Lula au gouvernement au mois de mars alors qu'il était sous la menace d'un placement en détention provisoire.

Les services du procureur ont refusé mercredi à confirmer ou infirmer cette fuite, invoquant le secret de l'enquête.

Mardi, le procureur avait diligenté une demande similaire contre le chef de l'opposition, le sénateur Aecio Neves (PSDB, centre-droit), adversaire malheureux de Dilma Rousseff à l'élection présidentielle de 2014.

Les présidents du Congrès des députés, Eduardo Cunha, et du Sénat Renan Calheiros, également membres du PMDB de M. Temer et respectivement 3e et 4e personnages de l'Etat, sont également visés par de multiples accusations dans le dossier Petrobras.

Au sommet de l'Etat, seul Michel Temer échappe donc aux foudres judiciaires. Le vice-président a pourtant été cité comme bénéficiaire de pots-de-vins par plusieurs inculpés du dossier Petrobras.

Mais le procureur Janot semble estimer qu'il n'y a pas d'indices suffisants à ce stade pour réclamer une enquête contre le nouvel homme fort du Brésil.

Michel Temer a activement oeuvré à l'approbation, le 17 avril, de la procédure d'impeachment par le Congrès des députés contre Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics.

Or nul ne doute plus, au gouvernement comme dans l'opposition, que les sénateurs vont approuver la semaine prochaine, probablement mercredi ou jeudi l'ouverture formelle d'un procès en destitution contre Mme Rousseff.

L'impopulaire présidente de gauche sera alors écartée du pouvoir pendant un maximum de 180 jours en attendant un jugement final, et substituée par le tout aussi impopulaire Michel Temer.


Brésil: Parlement donne le coup d'envoi pour la destitution de Rousseff


Le vice-président prépare la formation de son gouvernement dans un contexte considérablement assombri par l'affaire Petrobras, la tempête politique historique et la sévère récession économique qui frappent le plus grand pays d'Amérique latine.

Parmi les parlementaires dans le viseur du procureur figure ainsi le sénateur PMDB Romero Juca, le futur ministre de la Planification de Michel Temer.

Interrogé sur ce handicap par TV Globo, le vice-président a botté en touche : "Juca s'y connaît très bien en économie et en budget. Je ne peux pas attendre deux ans qu'il soit innocenté (...)".

Michel Temer s'est également lavé les mains du sort de son allié Eduardo Cunha qui a tiré les ficelles de la procédure de destitution de Mme Rousseff en sa faveur à l'Assemblée, renvoyant aux décisions du pouvoir judiciaire.

"Il ne m'appartient pas de l'attaquer par démagogie", a-t-il esquivé.

- Lula acculé -

L'ex-président Lula, seul espoir tangible du PT de revenir au pouvoir en 2018, apparaît lui en très fâcheuse posture après les mises en causes du procureur.

Ce dernier l'a décrit à demi-mots comme l'acteur central de "l'organisation criminelle" ayant orchestré les financements occultes des grands partis de la coalition au pouvoir depuis 2003 (PT, PMDB, PP) à partir des détournements de fonds de Petrobras.

"Jamais elle (cette organisation) n'aurait pu fonctionner pendant autant d'années de manière aussi étendue et agressive au sein du gouvernement fédéral sans que l'ex-président Lula y ait participé", selon le procureur.

Il a parallèlement demandé au STF de juger Lula pour "entrave à la justice", l'accusant d'avoir participé à des man?uvres pour dissuader un ex-directeur de Petrobras de collaborer à l'enquête.

Lula est en outre soupçonné d?occultation de patrimoine et de corruption dans le volet non politique de l'enquête Petrobras.

L'Institut Lula a réagi à "l'offensive inacceptable" du procureur Janot, dénonçant un tissu "de suppositions et d'hypothèses sans aucune preuve".

"Depuis des années, Lula est l'objet d'une véritable traque. Ses activités, conférences, voyages, comptes bancaires, tout a été vérifié et absolument rien d'illégal n'a été trouvé", a affirmé la fondation, du nom de l'ex-président, qui se consacre à la coopération du Brésil avec l'Afrique et l'Amérique latine.

In : Amérique Latine 



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