Les Britanniques pourraient devoir attendre dix ans pour conclure un accord de libre échange avec les Etats-Unis s'ils décident de quitter l'Union européenne, a déclaré dimanche Barack Obama en lançant un dernier appel en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE.

Avant de s'envoler pour l'Allemagne, le président américain a passé les trois derniers jours à Londres à demander aux Britanniques de voter "oui" au maintien dans l'UE lors du référendum du 3 juin prochain sur la question.

"Il pourrait se passer cinq ans, dix ans à partir d'aujourd'hui, avant que nous puissions être capables de pouvoir faire quelque chose", a déclaré le chef de la Maison blanche à la BBC qui l'interrogeait sur les perspectives d'un accord commercial entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis après une sortie de l'UE.

Ces commentaires vont dans le même sens que ceux tenus vendredi quand le président américain a dit que le Royaume-Uni pourrait se retrouver "en queue de peloton" pour conclure un accord commercial avec les Etats-Unis en cas de Brexit.

La décision du dirigeant de la première puissance économique mondiale d'intervenir dans le débat sur le Brexit a suscité la colère des eurosceptiques qui font campagne pour le "non" au maintien dans l'UE.

Ceux qui sont pour le maintien se sont précipités pour ajouter le président américain sur le site internet de la campagne en faveur du "oui" sous le slogan "Obama pense que le Royaume-Uni est plus fort en Europe".

Hillary Clinton, qui espère être choisie par le parti démocrate pour être sa candidate à la succession de Barack Obama lors de l'élection présidentielle du 8 novembre prochain, s'est également dite pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE.

UNE CERTAINE INFLUENCE

Le maire de Londres Boris Johnson, qui a pris la tête des opposants au maintien, s'est montré très critique envers Obama.

"Il est ridicule de prévenir que le Royaume-Uni sera en queue (de peloton) pour un accord de libre-échange", a-t-il déclaré au Mail on Sunday. "Le Royaume-Uni n'a jamais pu conclure d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis ces 43 dernières années - parce que nous sommes dans l'UE !"

Répondant à ces critiques, Barack Obama a expliqué qu'il était intervenu en raison de la relation spéciale qui lie de longue date les deux pays. Il a dit espérer avoir pu persuader certains électeurs britanniques.

"Mon espoir est que cela puisse avoir une certaine influence sur la manière de penser des électeurs", a déclaré le président américain dans un entretien à la BBC diffusé dimanche.

"Je crois que pour les électeurs, il peut être pertinent d'entendre ce qu'a à dire le président des Etats-Unis qui aime le peuple britannique et qui est profondément attaché à cette relation", a ajouté Barack Obama.

"Le Royaume-Uni ne pourrait pas négocier quelque chose avec les Etats-Unis plus rapidement que l'UE", a-t-il dit. "Nous n'allons pas abandonner nos efforts pour négocier un accord commercial avec notre partenaire commercial le plus important, à savoir le marché européen."

Il a dit espérer conclure les discussions sur le grand marché transatlantique, ou Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (PTCI ou TTIP/Tafta en anglais) entre l'Union européenne et les Etats-Unis avant la fin de son mandat. Il a ajouté que l'accord pourrait toutefois ne pas être ratifié par le Congrès des Etats-Unis avant son départ de la Maison blanche.