Toussaint L'Ouverture était le Leader de la Révolution haïtienne, un leader qui, ses stratégies politiques et capacités de combat lui ont valu des surnoms éloquents tels que:

"Le George Washington Noir, Le Napoléon Bonaparte Noir, Le Spartacus Noir. Le plus grand nègre que le monde ait jamais connu, avant et depuis son temps; Père de la démocratie; Artisan de la liberté et de l'égalité. Le précurseur de la liberté; Homme du Millénaire "

 Plus de 250 livres en plus de 10 langues ont été publiés sur la grandeur de Toussaint L'Ouverture. Certains des livres sont de plus de 600 pages. Il n'y a pas de désaccord entre les historiens sur le fait que Toussaint L'Ouverture était un chef beaucoup plus grand que George Washington et Napoléon Bonaparte, à cause de ses idéaux de liberté humaine et d'égalité, une vision que ni Bonaparte ni Washington ne partageaient, puisqu'ils supportaient l'esclavage. Jusqu'à aujourd'hui, des livres et des films sont encore en cours sur Toussaint L'Ouverture. Un livre a été publié par Alain Foix, un philosophe guadeloupéen, en 2008, sur Toussaint L'Ouverture par rapport au président actuel des Etats-Unis. Barack Obama. Le livre est intitulé:

«Noir, de Toussaint L'Ouverture à Barack Obama» 

L'histoire de Toussaint L'Ouverture, comme celle d'Haïti, est très complexe, il deviendrait l'incarnation de la colonie elle-même, et toute décision prise en Europe et ailleurs en ce qui concerne la colonie de Saint-Domingue lui affecta personnellement. Par conséquent, vous verrez la description de nombreux événements qui ont eu lieu en Europe et ailleurs dans cette bio.
Cette biographie est notre engagement et nos efforts continus pour apporter le meilleur de l'histoire d'Haïti au monde, mais il va sans dire que la vie de Toussaint L'Ouverture est trop vaste pour être contenue dans les marges de toute biographie ou livre.


Toussaint L'Ouverture était le chef de la Révolution haïtienne, sa date de naissance n'est pas connue pour certain. Mais comme Toussant l'a reconnu lui-même dans ses écrits, qu'il avait 50 ans quand la Révolution haïtienne a commencé en 1791, on peut conclure qu'il est né dans les années 1741. Son père, Gaou Guinou était le fils du Roi d'Arrada (Moderne Bénin), qui avait été capturé par les Français et vendu en esclavage dans la colonie française de Saint Domingue, aujourd'hui Haïti.

Toussaint avait reçu un rare cadeau pour un enfant noir à l'époque, le privilège d'apprendre à lire et à écrire. Il reçut son éducation de son parrain, un vieux esclave libre nommé Pierre Baptiste.
Si petit en taille et faible ont conduit les gens à le surnommer "Fatras Baton", bien qu'il serait connu plus tard pour son endurance et sa prouesse. Toussaint L'Ouverture était l'un des esclaves marginaux privilégiés, non seulement pour avoir appris à lire et à écrire, mais il avait la chance d'avoir comme maître le planteur français François-Antoine Baillon de Libertat. François-Antoine avait une grande affection pour Toussaint L'Ouverture; Il avait toujours été impressionné par son intelligence et ses capacités d'apprentissage rapides. Contrairement au reste des esclaves, il confiait à Toussaint L'Ouverture les responsabilités de surveiller la plantation et de s'occuper des chevaux, au lieu de travailler dans les conditions difficiles des champs de canne à sucre, où seules les fourmis attirées par les racines des cannes pourraient presque vous dévorer vivant. Il en fit son cocher, un rôle très important, car les cochers portaient ordinairement des messages pour leurs maîtres, seuls et sous leur propre responsabilité. L'amour de Toussaint pour les chevaux, lui faisa un remarquable équestre; Il galopait des chevaux à travers Cap-Haïtien à l'admiration de son maître et de tous les esclaves, Toussaint avait également acquis des compétences célèbres en médecine vétérinaire des autres esclaves africains qui étaient des pratiquants de Vodou, donc très familier de la puissance médicinale des plantes. Bien que Toussaint L'Ouverture fût bien en contraste avec le reste de la population d'esclave de Saint Domingue, il était encore un esclave; Propriété d'un autre homme. Quelque chose que Toussaint L'Ouverture était déterminé à changer. Il a dit un jour.

    «Je suis né esclave, mais la nature m'a donné l'âme d'un homme libre."


À l'âge de 33 ans, Toussaint L'Ouverture reçut sa liberté de son maître. Il reçut aussi un morceau de terre et quelques esclaves, tel qu'était les normes en libérant un nègre. Il est devenu propriétaire d'une propriété composée de seize «Carreaux»; la plupart d'entre eux planté de café et d'autres plantes, et est devenu le maître de 13 esclaves. Non seulement Toussaint était reconnaissant des traitements qu'il avait reçus de son maître en grandissant, mais aussi de lui avoir accorder la liberté. Dans une lettre envoyée plus tard au répertoire français en 1797, Toussaint crédite  Bayon de Libertat de l'avoir libéré.

"Il y a 20 ans, un lourd fardeau de l'esclavage m'a été levé par l'un de ces hommes qui pensent plus à leurs devoirs à remplir envers l'humanité opprimée que le produit du travail d'un malheureux, ici je parle de mon ancien maître, Bayon."


La richesse de Toussaint s'élargit rapidement, en un an il établit des contacts aux États-Unis, en Angleterre et en Espagne; S'est fait une femme et a eu un couple d'enfants.
Contrairement à ce que beaucoup croient, Toussaint L'Ouverture était un homme riche. Il possédait des propriétés dans tout le Cap-Haïtien. Il a pu payer pour l'éducation de ses trois fils: Placide, Isaac et Saint-Jean, à l'académie militaire de Paris. Mis à part  sa réussite dans les affaires, il a continué à faire ce qu'il a aimé le plus. Lecture et équitation. Un livre en particulier, avait un impact profond sur lui. Un livre qui allait changer sa vie. Le livre écrit par l'abbé Raynal, qui parlait de l'énormité de la violation des droits de l'homme de la population esclavagiste à Saint-Domingue, a été puissant et a frappé un homme intelligent comme Toussaint L'Ouverture comme un rocher. Il lisait à plusieurs reprises ce paragraphe particulier, dans lequel le livre prévu:

«Si l'intérêt seul prévaut avec les nations et leurs maîtres, il y a un autre pouvoir: la nature parle plus forte que la philosophie ou l'intérêt personnel: il existe déjà deux colonies de nègres fugitifs, que les traités et le pouvoir protègent contre l'assaut. Ces éclairs annonce le tonnerre. Un chef courageux est seulement voulu. Où est-il, ce grand homme que la nature doit à ses enfants vexés, opprimés et tourmentés Où est-il? N'en douter surtout pas, il va sortir et élever le standard de la liberté. Ce vénérable signal rassemblera autour de lui les compagnons de ses malheurs, plus impétueux que le torrent, ils laisseront partout les traces indélébiles de leur juste ressentiment: Partout le peuple bénira le nom du héros qui aura rétabli les droits de la race humaine, partout ils éleveront des trophées en son honneur."

«L'élévation d'un Spartacus noir parmi les esclaves de Saint-Domingue, qui aura la mission de venger sa race».


Beaucoup pensaient que Bookman, le prêtre Vaudou qui avait déclenché la Révolution des Esclaves, était celui prophétisé par le sage Avocat Raynal, mais après la décapitation de Bookman par les soldats français pour avoir préconisé la révolution, tous les espoirs furent perdus. Heureusement, le livre prévoyait un autre chef, un autre grand homme; Cet homme était Toussaint L'Ouverture, et aucun livre n'aurait pu être plus prévisible.

Presque 50 ans, Toussaint abandonne tout. Richesse, famille, résidence et se déplaca vers les montagnes, rejoignant ses frères esclaves africains pour lutter pour l'abolition de l'esclavage. Bien qu'étant libre pendant de nombreuses années, les difficultés des autres esclaves lui infligèrent profondément. Personne n'aurait pu comprendre le vrai sens de la liberté que Toussaint Louverture, un ancien esclave lui-même. Les esclaves marrons étaient désorganisés, mais Toussaint L'Ouverture avait une meilleure image de ce qu'était la liberté, il avait une plus grande vision. Liberté pour non seulement une poignée, mais tous.

«Frères et amis, je suis Toussaint L'Ouverture, peut-être que mon nom s'est fait connaître à vous ... J'ai entrepris la vengeance, je veux la Liberté et l'Egalité de régner à Saint-Domingue ... Je m'efforce de le faire. Frères, rejoignez et combattez-nous, pour la même cause, Votre très humble et obéissant serviteur Toussaint L'Ouverture."

Sans aucune expérience militaire antérieure, Toussaint L'Ouverture s'engagea dans ce qui serait le plus grand défi de sa vie et de son temps. Il trouvait injuste que la prospérité du reste du monde dépendait des travaux meurtriers des Africains. Oui, Saint Domingue était le plus grand exportateur mondial de café et de sucre d'un rapport cinq fois plus élevé que le reste du monde combiné, il avait également un monopole dans le coton, l'indigo, l'amidon, les épices, le bois précieux et de nombreux autres produits. Elle fournissait à la France plus de la moitié de la richesse qu'elle tirait de toutes ses autres colonies réunies, et gardait toute la marine de France, la plus puissante du monde, en affaires. L'exportation de Saint Domingue dès 1788 atteignait 214 milliards de francs, ce qui en fait la plus riche colonie du monde. Les puissants empires de l'Angleterre et de l'Espagne étaient en guerre avec la France en Europe et pensaient que le seul moyen de détruire la France était de prendre le contrôle de saint Domingue, mais garder l'esclavage.

Voici les défis que Toussaint L'Ouverture, ce nègre laid et mal formé, qui pouvait à peine dire deux mots en français, avait à lutter contre, et finirait par gagner.


Quelques semaines après l'introduction de Toussaint aux marrons esclaves, un l'un des plus importants soulèvements de la Révolution haïtienne se produisit; Bois Caiman. On pensait auparavant que la cérémonie Vaudou de Bois Caiman était organisée par Bookman, mais bien que Bookman fût celui qui présidait la cérémonie, c'est Toussaint Louverture qui en fit l'idée parmi les esclaves. Une des raisons de l'absence de Toussaint pendant la cérémonie, était parce qu'il était connu pour être un catholique dévot, et ne voulait pas que les gens l'associent au Vaudou. Le général français Kesserveau chargé de l'enquête sur le massacre après Bois Caiman, où près de 2.000 maîtres français ont été tués par coups de couteau, décapitation, battu et empoisonné, a fait l'accusation suivante contre Toussaint L'Ouverture:

«Forgé par un long esclavage au manège de la flatterie et de la dissimulation, il savait masquer ses sentiments et déguiser ses pas et pour cela il n'était qu'un outil plus terrible dans les mains des désorganisateurs. C'est lui qui a présidé L'assemblée où il avait proclamé les chefs de l'insurrection Jean-François, Biassou, et quelques autres dont la taille, la force et les autres avantages physiques semblaient pointer vers le commandement, pour lui-même, faible et fragile, connu de ses camarades par le nom de Fatras Baton, Il se trouva trop honoré du poste de secrétaire de Biassou: c'est de cet obscur poste où il s'était placé, que caché derrière le rideau il tirait toutes les ficelles de l'intrigue, organisait la révolte et préparait l'explosion.

 «... Conspiration la plus vaste, la plus cruelle et la mieux organisée dont l'histoire puisse servir d'exemple».

Toussaint L'Ouverture était un cerveau exemplaire; Une présence puissante mais invisible. Non seulement il a nommé deux autres soldats des hommes qu'il était en formation à des postes supérieurs que lui-même, il a choisi d'être leur secrétaire. Il prétendait être analphabète et ne signait jamais un document lui-même. Il avait toujours quelqu'un en charge de cette tâche. Un rôle de co-conspirateur profondément secrète aiderait à expliquer comment Toussaint a pu rester tranquillement et calmement tranquille à Bréda, où beaucoup sont morts après les éruptions, y compris Bookman, le prêtre vaudou qui a présidé la cérémonie.


Après avoir aidé son ancien maître à se réfugier dans la partie orientale d'Hispaniola, connue sous le nom de Santo Domingo à l'époque, il retourna dans les montagnes, où il passerait les deux prochains mois, enseignant à lui et aux esclaves l'art de combattre. Parmi eux se trouvaient des soldats qui seraient critiques dans les années à venir. Tels que Jean Jacques Dessalines et Capois La Mort.


En décembre 1791, Toussaint conduisit ses hommes dans leur première mission. Ils ont capturé avec succès plus de 100 hommes d'affaires blancs puissants dans la ville de Cap-Haïtien. Les esclaves ne tardèrent pas à exiger leurs morts, mais Toussaint défendit l'idée et rappela à ses soldats qu'ils combattaient sous lui, et ne les laisserait donc pas saper son autorité. Seul, il monte son cheval vers le gouverneur général de la colonie, Philibert François Rouxel vicomte de Blanchelande et lui fit une offre.


La libération des captures, en échange d'une interdiction de l'utilisation de fouets sur les esclaves, une journée de non-travail supplémentaire en plus de dimanche, et la liberté pour une poignée de dirigeants. Le gouverneur général se moqua de lui et s'opposa avec véhémence à des idées aussi frivoles. Mais, le fait que Toussaint L'Ouverture, un ancien esclave, ait eu le courage de faire une telle demande au gouverneur général, était exceptionnel. Bien que le gouverneur, refusa son offre, il a été impressionné par le caractère deToussaint L'Ouverture.

Le lendemain, avec ses soldats et les 100 prisonniers français, Toussaint s'est de nouveau rendu au siège du Gouverneur général. Voir les prisonniers pourrait aider le gouverneur à changer d'avis, pensa-t-il. Mais il se rendit vite compte qu'il n'avait aucune chance, quand les gardes refusaient même de le laisser entrer. Affaillis, les soldats de Toussaint réclamèrent de nouveau la mort des prisonniers. Malgré le mécontentement croissant envers lui, Toussaint ordonna la libération des 100 prisonniers.

Quelques mois plus tard, Toussaint L'Ouverture, avec ses hommes, franchit la frontière et se rendit à Saint-Domingue. La partie d'Hispaniola que les Espagnols occupaient, mais avaient encore du mal à garder les Anglais complètement à l'écart. Toussaint leur fit une offre, la liberté de ses hommes, des munitions et la protection de sa petite armée pour son aide dans la lutte contre les Anglais qui occupaient encore la partie de Saint-Domingue; Toussaint a également lancé l'idée de récupérer la partie française de l'île pour l'Espagne. Il ne demandait pas la libération de tous les esclaves à Saint-Domingue, il pensait que l'Espagne rejettera son offre sur les comptes de qui travaillerait les plantations s'ils réussissent à récupérer la partie française de l'est d'Hispaniola. La richesse de la moitié française occupée d'Hispaniola était le résultat du travail des esclaves. Ils refusèrent l'offre de toute façon, sans leur approbation, Toussaint décida d'engager ses soldats dans de nombreux combats contre les Anglais, dont il avait gagné la majorité.

Quelque chose que les Espagnols essayaient de faire depuis des années, ont été accomplis par les anciens esclaves sous le commandement de Toussaint L'Ouverture en un mois environ. Impressionnés, les Espagnols n'acceptèrent non seulement de l'aider à former ses soldats et lui fournir des vivres, ils l'ont aussi nommé général d'une importante garnison de l'armée espagnole!

La nouvelle se répandit comme un feu sauvage sur toute l'île.
Cependant, le jour suivant quelque chose d'énorme s'est passé à Saint Domingue.


Suite à la révolution française, le Parlement français, après de nombreuses activités de lobbying de la part de nombreux citoyens en France et dans la colonie de Saint-Domingue pour les droits des personnes de couleur, a décidé de tenir une assemblée spéciale pour discuter des droits des personnes de couleur et des esclaves.
Le Parlement français voulait présente lors de cette fameuse assemblée, des gens de couleurs de sa plus précieuse colonie, Saint Domingue, qui était également une société très multi raciale. Pendant la colonisation française, Saint-Domingue était peuplé de 3 classes d'habitants, divisées par la couleur de leur peau. Les colons blancs au sommet, les esclaves noirs libres au bas. La classe la plus basse a été principalement d'origine africaine, ils ont compté les autres races par une ration de 10 à 1. Le congressiste Lacroix-Eure-et-Loire a fait l'introduction célèbre suivante de Bellay, un esclave noir qui avait acheté sa liberté et Hills un mulatre , Ils ont été choisis pour représenter Saint Domingue lors de l'assemblée.

«L'Assemblée a voulu avoir en son sein quelques-uns de ces hommes de couleur qui ont souffert de l'oppression pendant tant d'années, aujourd'hui il en a deux, je demande que leur introduction soit marquée par le baiser fraternel du Président.

Bellay, le nègre a livré une longue et ardente oraison à la cause de la révolution et a choqué de demander à la convention d'abolir l'esclavage. Des heures de discussions ont duré:

«Lors de l'élaboration de la Constitution du peuple français, nous n'avions pas prêté attention aux malheureux nègres, la postérité nous en rendra un grand reproche: réparons le tort, proclamons la liberté des nègres. La convention ne devrait pas se déshonorer par une discussion "

Et puis est venu le décret le plus significatif adopté par tout corps législatif dans l'histoire humaine dans plus d'un millénaire. Avec choc, le Parlement adopta ce qu'il a appelé la Déclaration de l'homme et des citoyens, un décret qui déclare l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies et, par conséquence, le parlement déclare que tous les hommes sans distinction de couleur domiciliés dans les colonies sont libres, Citoyens français et jouissent de tous les droits reconnus par la Constitution.

Le ministre de la Marine fut alors envoyé dans les colonies pour informer les habitants de la «bonne nouvelle».


Etienne Lavaux, qui fut un gouverneur de la colonie après l'insurrection des esclaves, avait toujours été contre le traitement brutal des esclaves; quand la nouvelle a brisé que la France avait signé la déclaration des hommes et des citoyens, Lavaux a rapidement ordonné une disucssion publique pour faire cette grande annonce officielle, que tous les esclaves seront bientôt libres.

Lorsque la nouvelle de la Déclaration de l'homme et des citoyens de France parvint à Toussaint, il abandonna immédiatement son poste dans l'armée espagnole et prêta serment de rejoindre la République française et ses idéaux de liberté. Idéaux pour lesquels Toussaint mourrait plus tard.
Pourquoi devrait-il continuer à se battre pour la couronne espagnole alors que la République française donne la liberté à ses camarades frères esclaves? Toussaint ne savait pas cependant que l'abolition de l'esclavage par un décret ne serait pas aussi facile.

Lorsque Toussaint faisait allégeance à la République française, ses armées de milliers d'hommes, ainsi que la ville portuaire de Gonaïves qu'il tenait au nom de l'Espagne, le firent aussi. Il a ensuite purgé l'armée et la ville de tous les partisans espagnols, non les tuant, mais les exilant au côté espagnol de l'île s'ils refusent d'adhérer à la république française. Il y avait beaucoup de mécontentement parmi sa propre troupe au sujet de sa nouvelle position. Parmi eux, Jean-François et Biassou, les deux hommes qui l'avaient accompagné lors de son entrée dans la révolution. Et l'un des soldats les plus puissants à avoir travaillé sous lui, André Rigaud, s'était maintenant associé à un général raciste français et avait réussi à kidnapper le gouverneur français Lavaux et s'est désigné comme le nouveau gouverneur. Toussaint et sa troupe arrivèrent bientôt dans la ville de Cap-Francais, secoururent le gouverneur et chassèrent Villate et Rigaud hors de la ville.

Après le sauvetage héroïque du gouverneur par Toussaint Louverture et ses hommes, il fut promu commandant de la Province Occidentale deux mois plus tard, et en 1797 il était l'officier supérieur de la colonie. Lavaux ensuite nomma Toussaint lieutenant-gouverneur, annonçant en même temps qu'il ne ferait rien sans son approbation. A quoi Louverture a répondu "Après Dieu, Laveaux".

L'abolition par Lavaux de l'esclavage après la Déclaration de l'homme et des citoyens fit sincèrement aimer Toussaint et, au fil des ans, les deux avaient développé une véritable amitié. Toussaint, infiniment soupçonneux et très réservé, avait une foi absolue en Laveaux et ne faisait jamais confiance à aucun autre homme, noir, blanc ou brun. La lettre de Laveaux à Tousaint se termine toujours par «à mon ami le plus intime, Toussaint».
Et quand les deux hommes ont des désaccords sur les politiques, comme ils le faisaient parfois, Toussaint dirait: «Je recevrai toujours avec plaisir les réprimandes que vous m'adressez: quand je les mériterai, ce sera une preuve de l'amitié que vous avez pour moi. "

Une lettre envoyée à Laveaux par Toussaint montre peut-être combien d'amour et de respect Toussaint avait pour son patron, et combien il était loyal envers l'homme qui lui avait donné tant de pouvoir au fil des ans.

"Oui Général, Toussaint est votre fils, vous lui êtes chère, votre tombeau sera à lui et il vous soutiendra au péril de sa vie, ses bras et sa tête sont toujours à votre disposition, et même si cela devait arriver à  lui de tomber, il portera avec lui la douce consolation d'avoir défendu son père, son ami vertueux et la cause de la liberté."

Toussaint, un ancien esclave, était maintenant le deuxième homme le plus puissant dans la colonie la plus riche au monde, et il n'avait aucun ressentiment envers des groupes raciaux. Dans son nouveau rôle de lieutenant-gouverneur il a fait beaucoup de nominations officielles importantes; Et beaucoup d'entre eux étaient des hommes blancs français.

"J'ai fait de Guy, commandant militaire, et Dubuisson son adjudant, ce sont deux braves Français qui ont beaucoup contribué à convertir leurs concitoyens ..."

"J'ai confié avec confiance l'administration à Jules Borde" un homme blanc "je crois qu'il est un bon républicain, et qui possède la capacité nécessaire pour remplir ce devoir.Il a la bonne volonté de ses concitoyens qui approuvent mon choix ." Il recommanda un autre créole blanc «... et s'est conduit avec honneur, je suis sûr de son civisme." Mais la majorité des soldats de Toussaint étaient des Africains, d'anciens esclaves nés de la colonie, incapables de parler deux mots de français, plus de 30.000 d'entre eux en 1796. Alors que toussaint n'avait aucun ressentiment cependant, il ne se fiait pas des Blancs, il savait que beaucoup étaient secrètement en faveur de l'esclavage; mais les noirs étaient si reculés que Toussaint n'avait d'autres choix que d'utiliser les blancs.


Les Blancs n'avaient d'autre choix que d'accepter le nouveau statu quo aussi. Tout au long de 1795 et 1796, Louverture avait également été concerné par le rétablissement de l'agriculture et le maintien de la paix dans les zones sous son contrôle. Dans ses discours et sa politique, il a révélé sa conviction que la liberté à long terme des habitants de Saint-Domingue dépendait de la viabilité économique de la colonie. Il imposa des politiques dures de travail, obligeant les noirs à retourner dans les plantations, non pas gratuitement, mais ils doivent travailler "Le travail est nécessaire", a déclaré Toussaint "c'est une vertu, c'est pour le bien général de l'état" Strict; les travailleurs ont été envoyés travailler 24 heures après avoir pris le contrôle de tout district. «La république n'a pas d'utilité pour les hommes insipides ou incapables.

En septembre 1796, des élections se sont déroulées en France pour choisir de nouveaux représentants coloniaux et Toussaint a commencé à encourager son ami et son supérieur, le gouverneur Lavaux, à partir pour la France et à représenter Saint Domingue. Toussaint le remplissait de compliments de toutes les choses qu'il avait faites pour les Noirs et qu'il serait leur meilleure voix dans la métropole. Les historiens continuent d'être en désaccord si Toussaint voulait véritablement avoir un représentant ferme en France, ou s'il voulait simplement enlever Lavaux, son seul rival du pouvoir. Quoi qu'il en soit, Lavaux a été convaincu et parti pour la France, laissant Toussaint L'ouverture comme responsable, avec le commissaire français Félicité Léger Sonthonax, jusqu'à ce que la direction française choisisse un nouveau gouverneur. Tandis que Toussaint prenait les décisions au jour le jour, il rapporte au commissaire qui rapporte à sont tour à la direction française.

Sonthonax, fervent partisan révolutionnaire et féroce de l'égalité raciale, il rivalisait bientôt avec Louverture en popularité. Bien que leurs buts soient similaires, il y a eu plusieurs points de conflit. Le pire était le retour des planteurs blancs qui avaient fui Saint-Domingue au début de la révolution. Pour Sonthonax, ils s'agissaient de potentiels contre-révolutionnaires, assimilés, officiellement ou non, aux émigrés qui avaient fui la Révolution française et avaient été interdits de retourner sous peine de mort. Pour Toussaint, ils étaient porteurs d'habiletés et de connaissances utiles, et il voulait qu'ils reviennent. La relation entre les deux hommes a plongé dans son plus bas à l'été de 1797, quand Toussaint a autorisé le retour de son ancien maître François Bayon de Libertat, qu'il avait aidé à fuir au côté espagnol de l'île pendant le soulèvement d'esclave de 1791. Sonthonax Envoya immédiatement une lettre incendiaire à Toussaint, lui demandant de déporter Libertat, et le menaça de poursuites judiciaires s'il n'obéissait pas.

Toussaint passa non seulement au dessus du commissaire français, soi-disant son patron, et écrivit directement à la direction française lui-même, demandant la permission pour son ancien maître de rester.


Un mois plus tard, Toussaint ordonna à ses hommes d'arrêter le commissaire français et leur demanda de signer une lettre qu'il avait déjà écrite pour sa déportation en France. Ses hommes étaient perplexes de son ordre, car ils comprenaient l'énormité de l'arrestation du représentant français, et tous hésitaient à le signer, mais Toussaint ne donna aucune explication pour pourquoi il leur ordonnait de procéder à l'arrestation et signait la lettre seule. C'était typique de Toussaint, qui avait été entraîné comme esclave puis comme soldat. Il ne s'occupa jamais d'expliquer beaucoup à ses subordonnés; Leur entreprise était d'obéir.

Sonthonax fut arrêté et envoyé en France, Toussaint l'avait accusé de complot pour l'indépendance de la colonie. Dans une longue lettre condamnante Toussaint décrivit à la direction française comme exemple une réunion impromptus et bizarre qu'il eut avec le commissaire.

«Toussaint était sur le point de se retirer d'un événement public auquel il participait dans la ville de Saint-Marc, au nord, lorsque le commissaire français entra dans la pièce où il séjournait.

«Je suis très, très content, je suis enchanté de vous voir commandant en chef des forces armées de la colonie, nous sommes en mesure de faire exactement ce que nous voulons. Il est impératif que nous exécutons notre projet: c'est le moment le plus approprié, les circonstances ne sont jamais plus favorables, et personne n'est plus capable d'agir que toi et moi. Toussaint aurait répondu: «C'est-à-dire commissaire que vous voulez me détruire, tuer tous les blancs et se faire indépendant, mais vous m'aviez promis que vous ne me parliez plus de ces projets".


En encourageant le gouverneur général à partir pour la France et déporter personnellement le représentant français, Toussaint L'ouverture, cet ancien esclave nègre avait atteint le sommet de pouvoir sans précédent, comme maintenant le gouverneur général de la colonie la plus riche du monde. L'arrivé de Toussaint au pouvoir n'était ni par l'avidité ni pour l'argent, mais l'amour le plus sincère de la colonie qu'il voulait conserver pour la République française, la république avec les idéaux de liberté et d'égalité qu'il vénérait tant. Mais depuis la Déclaration française des droits de l'homme et des citoyens, en 1797, la France avait été assiégée par le plus puissant général français, Napoléon Bonaparte, qui s'était déclaré Premier Conseil et gouvernait maintenant la France avec un poing de fer. L'un de ses premiers actes fut de confirmer Tousaint Louverture au poste de gouverneur général de Saint Domingue. Il lui interdit aussi explicitement de chercher l'annexion du côté espagnol de l'île en chassant l'Espagne. Mais le premier acte de Toussaint en tant que gouverneur général état d'envahir le côté espagnol de l'île, et en deux ans le dernier territoire espagnol restant lui a été remis. Il a accusé l'Espagne de comploter pour envahir son camp et n'a donc pas eu d'autre choix que de les chasser avant de lui chasser.

Toussaint a réorganisé l'administration avec audace et compétences. Il a divisé l'île en six départements, et les limites qu'il a fixées restent à ce jour. Il a créé des cours ordinaires d'appel, une en partie française de l'île et une dans la partie espagnole, et une cour suprême d'appel dans la capitale, Cap-Francais.

L'industrie personnelle, la morale sociale, l'éducation publique, la tolérance religieuse, le libre-échange, la fierté civique, l'égalité raciale, cet ancien esclave les ont érigé selon ses lumières, seules, et a jeté leur fondement dans toutes les proclamations lois et décrets et il a insisté sur les principes moraux; Travail, respect de l'ordre public, fierté de Saint Domingue et vénération pour la France. Tous les anciens colons qui avaient fui l'île à la suite des premiers jours de l'insurrection des esclaves en 1791, ont été personnellement invités par Toussaint avec des promesses de traitements spéciaux et d'impôts favorables. Il croyait que sa population serait vraiment libre et aurait besoin de travailler, de gagner leur vie et de contribuer à la société. «La garantie de la liberté des Noirs est la prospérité de l'agriculture."

Il aimait les enfants et ils l'aimaient. Un jour, passant de Goanives à Ennery, une petite orpheline nommée Rose, âgée de 10 ans, courut après lui en appelant «papa, papa, emmène-moi avec toi». Il descendit de cheval, la prit et la porta à sa femme. «Voici un orphelin qui vient de m'appeler père, j'ai accepté le titre, accepte aussi le titre de sa mère."

«Dieu, s'il venait sur la terre, ne pouvait pas visiter un esprit plus pur que Toussaint Louverture. A noté un prêtre.

Pendant ce temps, en Europe, Napoléon Bonaparte avait songé à raviver les anciens jours de l'esclavage pour relancer les industries.

Napoléon Bonaparte a dit à son conseil d'Etat: «Je suis convaincu que cette île deviendrait britannique si les esclaves ne nous étaient pas liés par leur souci de leur liberté. Ils peuvent produire moins de sucre, ils le feront pour nous, et ils fourniront des soldats, si le besoin s'en fait sentir ... Je parlerai donc de la liberté dans la partie française de Saint-Domingue, je confirmerai l'esclavage en Ile-de-France, ainsi que la partie espagnole de Saint-Domingue; Prérogative de ramollir l'esclavage où elle sera maintenue, et de rétablir l'ordre et la discipline si je maintiens l'abolition."

Napoléon envoya alors un de ses général, Kesserveau avec le nouveau commissaire Vincent pour rencontrer Toussaint et lui remettre une copie d'une nouvelle constitution qu'il avait adoptée. L'article 91 de cette nouvelle constitution concerne les colonies françaises qui seront régies par des «lois spéciales». La raison en est dérivée de la nature particulière des choses et des différences de climat.

"Les colonies françaises situées en Amérique, en Asie et en Afrique ne peuvent être régies par les mêmes lois. Les différences de coutumes, de mœurs, d'intérêts, de sols, d'agriculture et de types de production exigent diverses modifications. Le Consul de la République, en annonçant ce nouveau pacte social, vous déclarent que les principes sacrés de la liberté et de l'égalité des Noirs ne seront jamais modifiés ... Rappelez-vous nègres courageux, que seul le peuple français reconnaît votre liberté et l'égalité de vos droits."

Bonaparte 25/12/1799

Dorénavant, les nouvelles lois seraient soumises à son application ou à son abrogation, aux intentions incertaines du premier consul.


Toussaint fut très troublé par la lettre qu'il reçut; Il comprenait ce que signifiaient ces «lois spéciales». Il soupçonna immédiatement que Bonaparte voulait rétablir l'esclavage, mais il refusa de croire à sa propre conclusion. Il fit préparer une grande fête pour recevoir les fonctionnaires de France, les pressa en privé sur les intentions de Bonaparte, mais il ne put rien en tirer. Après avoir rencontré Toussaint pour la première fois, le général Kesserveau envoya une lettre au Directoire français décrivant Toussaint.

«C'est un homme de bon sens, dont on ne peut douter l'attachement à la France, dont la religion garantit la moralité, dont la fermeté est égale à la prudence, qui jouit de la confiance de toutes les couleurs et qui a pour lui un ascendant que rien ne peut contrebalancer. Avec lui vous pouvez tout faire, sans lui vous ne pouvez rien faire."

Toussaint était complètement maître de son corps comme de son esprit. Il ne dormait que deux heures par nuit, et pendant des jours se contenterait de deux bananes et d'un verre d'eau. Il avait l'air très fragile et faible. Mais il avait des yeux comme de l'acier et personne ne riait jamais en sa présence. Du début de sa carrière à la fin, il chargeait à la tête de ses hommes chaque fois qu'un effort suprême était nécessaire.

Puisque Toussaint ne put déterminer si Bonaparte allait rétablir l'esclavage dans l'île, il crut que la seule façon de le contrer était de publier une constitution. Toussaint a informé certains de ses généraux les plus proches comme Dessalines et d'autres, qui refusent de le soutenir. Ils ne voulaient pas faire partie de tout cela. Comme d'habitude, seul, Toussaint réunit ses écrivains et son secrétaire et commença à rédiger une constitution pour la colonie.

La constitution donnait explicitement au gouverneur l'autorité suprême et presque absolue du pouvoir législatif et exécutif. C'est lui qui rédigea et proposa les lois par lesquelles la colonie et ses habitants seraient gouvernés. Ces lois seraient soumises à une assemblée centrale à la main pour approbation ou rejet. Le commerce, l'organisation de l'agriculture et des relations de travail, la promulgation de mesures pénales, l'importation de nouveaux ouvriers et surtout de l'armée où tout cela est sous l'autorité du gouverneur général. La constitution de Toussaint et le statut qu'elle revendiquait pour Saint Domingue en tant que gouvernement noir, auto-gouvernant n'étaient pas seulement un défi direct à l'autorité de Bonaparte et à celle de la France métropolitaine, ils étaient proches d'être trahison. Mais plus encore, venant d'un ancien esclave qui avait atteint le sommet du pouvoir et osé, comme noir et comme égal, d'affronter le Premier Conseil, la constitution a frappé directement le fond ontologique de la suprématie blanche et, par son existence même, à la fondation coloniale de l'ordre atlantique. En s'engageant dans le commerce international, négociant des traités avec les États-Unis et la Grande-Bretagne, Toussaint avait déjà brisé les liens du colonialisme et avait pénétré dans le monde des États-nations, chassant le représentant du gouvernement métropolitain de la colonie et promulguant une Constitution.

Les «lois spéciales» de Napoléon Bonaparte ont été maintenant remplacées par la constitution de Toussaint.

L'esclavage a été définitivement aboli. «Il ne peut y avoir d'esclaves à Saint-Domingue, tous les hommes naissent, vivent, et meurent libres et français." Les pouvoirs de Toussaint en tant que gouverneur et commandant en chef de l'armée coloniale ont été confinés et prolongés à vie et, à titre exceptionnel, Louverture s'est donné le pouvoir de désigner son propre successeur. Toussaint avait mis la colonie au bord de l'indépendance et de la séparation de la France - car il n'avait jamais déclaré l'indépendance - au moins dans la direction de l'autodétermination en tant que territoire noir et autonome de la république française. Toutes les preuves montrent que Toussaint, travaillant seul, poussé par le désir de garder son peuple libre, avait atteint plus de 3 siècles avant son temps, pour former une allégeance politique que nous connaissons aujourd'hui comme le «statut du Dominion».


Le 18 juillet 1801, dans la capitale,  Cap-Francais, Toussaint présenta la constitution au public.

«Oh, mes concitoyens de tous les âges, de tous les états et de toutes les couleurs, vous êtes libres, et la constitution qui m'est donnée aujourd'hui éternisera votre liberté! Laissez-nous plier au créateur de l'univers pour le remercier de ce don précieux ... Cette Constitution garantit à chacun la jouissance de ses droits: elle exige de chaque citoyen la pratique de la vertu, tout comme elle appelle à notre terre la règle de la morale et la religion divine de Jésus-Christ ... Je vous promets, sous les yeux du ciel, de faire tout ce qui est en mon pouvoir, si Dieu me le permet, pour préserver l'unité, la paix et la tranquillité publique, et donc le bonheur de mes concitoyens. Jure, devant l'Etre suprême et devant moi, que vous vous soumettrez à ces lois qui vous apporteront le bonheur et consolideront votre liberté.

«Apprenez citoyens à apprécier la gloire de votre nouveau statut politique ... En acquérant les droits que la Constitution accorde à tous les Français, n'oubliez pas les devoirs qu'elle vous impose ... Soyez vertueux et vous serez francs et bons citoyens ... Travailler ensemble pour la prospérité de l'agriculture, qui seule peut soutenir un État et assurer le bien-être du public. " L'esclavage étouffe l'intelligence ou dégrade le caractère des esclaves. Il n'y avait rien de terne sur Toussaint.