Le président intérim actuel d'Haïti Jocelerme Privert, a annoncé un audit de l'administration précédente de Michel Martelly. Président Privert a dit qu'il y avait une mauvaise géstion généralisée des fonds publics, en particulier des impôts prélevés par l'administration Martelly sur les appels téléphoniques internationaux entrants, et les transferts d'argent.


Au cours de sa campagne présidentielle Michel Martelly avait promit d'augmenter une taxe sur les transferts d'argent et les appels téléphoniques entrants afin de financer un programme d'éducation primaire gratuite et obligatoire.  Quand Michel Martelly gagna la présidence en 2011, le Fonds National pour l'Education (FNE) avait été lancé par décret présidentielle.

Selon la nouvelle loi, 5 centimes sont collectées sur chaque appel entrant et $1.50 sur les transferts d'argent entrants et sortants.


Alors que les collections de ces taxes continuent , cette augmentation n'a pas encore été ratifié par le Parlement, la seule branche de gouvernement ayant le pouvoir légal d'augmenter les impôts selon la Constitution haïtienne.

Faute de cette approbation, les taxes collectées sont soi-disant détenues à la Banque Nationale, a l'attente d'une decision du parlement. Mais est-ce vraiment le cas?

Si personne ne peut toucher ces fonds jusqu'à ce que la loi est approuvé par le Parlement, où a donc Michel Martelly trouvé l'argent pour financer le programme d'éducation gratuite; l'une des rares réussite de son administration.

L'enquête lancée par le président Privert va prétendument éssayer de répondre, à quelques unes de ces questions.  

Bien qu'aucune administration ne devrait être à l'abri de la reddition de comptes, il faut se demander les raisons derrière le lancement d'une telle enquête cependant, en consideration de la situation politique chaotique actuelle du pays.  

Nous ne devons surtout pas oublier que le président intérimaire a été élu pour 120 jours sans possibilité de prolongation de mandat, afin qu'il puisse organiser les élections annulées sine die.

Président Privert n'a ni le temps ni le mandat constitutionnel pour lancer une telle enquête; son seul et unique mandat est d'en finir avec les élections présidentielles dans le cadre de l'accord qu'il a signé avec le président sortant Michel Martelly. Toutes décisions qu'il prenne en dehors des paramètres de l'accord sont nuls.   

Cette enquête semble avoir une motivation politique, et elle pourrait déstabiliser davantage la situation fragile au lieu d'aider.


Lors de son investiture au poste provisoire, M. Privert avait lui-même rassurés de s'engager dans des dialogues pacifiques, honnêtes et sociaux avec tous les partis politiques impliqués pour résoudre la crise électorale.  Une telle démarche ne rentre pas dans l'ésprit de dialogue.

M. Privert doit faire attention à ne pas projeter l'image d'un président impartial.

La population est en faveur de tout audit, mais seulement ceux qui sont honnêtes, transparents et non politique.

Soyons réalistes, nous ne sommes même pas en mesure de commencer l'audit sur les Duvaliers depuis 30 ans, et sur tous les autres interminables corrompus qui polluent les administrations haitiennes. Maintenant M. Privert aimerait nous faire croire qu'il est capable d'invéstiguer les 5 ans de Martelly en 120 jours.

Le peuple haïtien devrait rejeter toutes les tentatives de distraction, spécifiquement conçu pour retarder la tenue du second tour des élections présidentielles, et d'avoir le mandat du président par intérim prolongé.     

Il faut rappeler que l'actuel président n'est lui-même pas à l'abri d'un audit, car il était le principal suspect dans le «massacre Scierie" dans la ville de Saint Marc en 2004, après le depart de Jean Bertrand Aristide. Privert avait même été emprisonné pendant 26 mois pour son présumé orchestration de l'infâme massacre qui avait laisser des centaines de morts.