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Le Sénat haïtien a non seulement adopté une résolution ferme pour condamner officiellement l'arrestation et l'extradition aux États-Unis du sénateur élu, Guy Philipe, en janvier, sur le trafic de stupéfiants et le blanchiment d'argent trois jours avant son assermentation officielle, mais aussi de proposer la mise en accusation du ministre de la Justice, Edouard Camille Jr, qui avait autorisé l'arrestation et la déportation sans consulter aucun tribunal haïtien, afin qu'il puisse être jugé pour Haute Trahison; Un crime très grave dont seul le Sénat, convoqué en tant que Haute Cour de Justice, a le pouvoir de poursuivre quelqu'un pour.

En cas de condamnation, Camille pourrait faire face au travail forcé en prison à vie.

La poursuite de l'ancien ministre de la Justice pour Haute Trahison pour avoir autorisé la déportation de Guy Philippe pourrait être très difficile, voire anticonstitutionnelle, car selon l'article 21 de la Constitution haïtienne:

«Le crime de haute trahison consiste à porter les armes dans une armée étrangère contre la République, à servir une nation étrangère contre la République, dans le fait par tout fonctionnaire de voler les biens de l’Etat confiés à sa gestion ou toute violation de la Constitution par ceux chargés de la faire respecter. "

Le ministre de la Justice n'a pas porté d'armes dans une armée étrangère contre la République d'Haïti ni servi une nation étrangère dans un conflit avec Haïti, cependant les 19 des 24 sénateurs qui ont voté pour la résolution ont soutenu que le ministre de la Justice, l'officier de justice en chef du pays, a violé la constitution, parce que Guy Philippe en tant que sénateur élu, jouit de l'immunité en vertu des lois haïtiennes, même s'il a été arrêté trois jours avant qu'il avait officiellement prêté serment en tant que sénateur.


Guy Philippe, ancien colonel de l'armée haïtienne dissoute, devenu chef de police, a mené un coup d'Etat armé qui a abouti à l'éviction du président démocratiquement élu Jean Bertrand Aristide, le 29 février 2004.
Malgré le mandat de perquisition international émis par la Drug Enforcement Agency des États-Unis depuis 2006, Guy Philippe ne s'est jamais caché, il a fait de nombreuses apparitions publiques et s'est déplacé librement dans tout le pays, principalement dans le département de la Grande Anse.


Vendredi, un juge fédéral de Miami a rejeté la demande d'immunité de Guy Philippe, statuant que le sénateur élu ne peut pas éviter les poursuites aux États-Unis, parce que son arrestation a eu lieu trois jours avant son investiture. Le juge a également rejeté la tentative de Philippe pour obtenir les charges rejetées pour plusieurs raisons, y compris les revendications qu'il a été essentiellement enlevé et illégalement amené aux États-Unis.