L'espoir de voir le conflit, qui ravage depuis plus de treize mois le Soudan du Sud, a été ravivé, dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 février. Le président sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, à l'origine d'un soulèvement armé, se sont accordés sur un cessez-le-feu. « Nous attendons une complète cessation des hostilités au Soudan du Sud ce matin [lundi] », a affirmé devant la presse Seyoum Mesfin, médiateur en chef dans les pourparlers de paix que supervise l'organisation intergouvernementale est-africaine Igad.


Il s'agit du septième cessez-le-feu en un an que signent les deux hommes. Tous les précédents ont été violés dans les heures suivant leur adoption. L'Igad, qui a déjà dans le passé menacé de sanctions les belligérants, sans jamais passer à l'action, promet cette fois de faire remonter tout manquement à cet accord au Conseil de sécurité de l'ONU et au Conseil de paix et sécurité de l'Union africaine. M. Mesfin a souligné que l'ONG avait enjoint les deux institutions de prendre des « mesures sévères » contre leurs auteurs.


« ACCORD PARTIEL »

Après quatre jours de négociations laborieuses à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, MM. Kiir et Machar ne sont pas parvenus à s'entendre sur le règlement définitif du conflit proposé par l'Igad et prévoyant un partage du pouvoir entre les deux hommes. « C'est un accord partiel parce que nous n'avons pas résolu certains des problèmes les plus critiques », a déclaré Riek Machar après la signature, évoquant des désaccords sur « la structure du gouvernement de transition » à mettre en place et le partage des responsabilités au sein de celui-ci. Les négociations reprendront le 20 février et l'Igad donne aux belligérants une dernière chance, jusqu'au 5 mars, pour parvenir à un accord définitif.


Une guerre civile émaillée de massacres interethniques ravage depuis décembre 2013 le jeune Soudan du Sud. Les combats avaient éclaté dans la capitale Juba, le président Kiir accusant M. Machar de tentative de coup d'Etat. Les affrontements opposant une faction de l'armée fidèle au gouvernement en place à des mutins loyaux de l'ancien vice-président se sont depuis étendus à tout le pays et ont fait des dizaines de milliers de morts. Y participent désormais aussi une vingtaine de groupes armés.