Le 24e sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africain (UA) s'est ouvert ce vendredi matin à Addis-Abeba. Un de ses objectifs annoncé est la concrétisation d'une force multinationale contre Boko Haram.
C'est par la traditionnelle photo de famille qu'a débuté, ce vendredi 30 janvier en début de matinée, le 24e sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba. Alignés sur les marches menant au hall Nelson Mandela, inauguré dans la foulée, les dirigeants du continent ont posé devant les objectifs avant de rejoindre la session d'ouverture.
Après une minute de silence en hommage à l'ex-président zambien Michael Sata, Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la commission de l'UA, a pris la parole. "Le terrorisme, en particulier la brutalité de Boko Haram contre nos populations, est une menace à notre sécurité collective et notre développement qui nécessite une réponse collective, efficace et décisive", a-t-elle souligné. Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, lui a ensuite succédé à la tribune, appellant notamment les dirigeants africains "à l'écoute de leurs peuples et au respect de leurs Constitutions". Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a aussi prononcé un discours, rappelant le soutien historique des pays du continent à la Palestine.

Des décisions fortes attendues

Puis ce fut au tour de Robert Mugabe, le chef de l'État zimbabwéen, que ses pairs venaient de désigner président en exercice pour un an de l'Union africaine à la suite du Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz. Après son discours visant une nouvelle fois les intérêts étrangers et le colonialisme, les travaux du huis-clos ont pu débuter. Comme cela a été le cas lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères, lundi et mardi, il devait à nouveau être largement question de Boko Haram durant le sommet.
Jeudi soir, les pays membres du conseil Paix et sécurité ont approuvé le déploiement d'une Force multinationale mixte (FMM) pour lutter contre le groupe terroriste nigérian, à laquelle participeront quatre pays de la Commission du bassin du lac Tchad (Cameroun, Tchad, Nigeria, Niger) ainsi que le Bénin. L'UA a d'ores et déjà réclamé 7 500 hommes pour cette force, mais ses détails techniques et ses modalités de déploiement devraient être fixés lors d'une réunion d'experts prévue du 5 au 7 février à Yaoundé, au Cameroun.

Boko Haram, Ebola, crise libyenne...

Réunis jusqu'à samedi soir dans la capitale éthiopienne, les chefs d'État et de gouvernement du continent devraient, sauf surprise, entériner ce projet, qui devrait ensuite être étudié par le conseil de sécurité de l'ONU courant février. En coulisses, plusieurs ministres et responsables internationaux ne cessent de répéter qu'après des mois de discussions et de réunions, il est désormais temps d'agir face aux terroristes nigérians. Des décisions fortes sont donc attendues.

Outre Boko Haram, l'éradication du virus Ebola, la résolution du sanglant conflit sud-soudanais, et la recherche d'une solution politique à la crise libyenne devraient être mis à l'ordre du jour. Ces sujets devraient aussi faire l'objet de résolutions de l'UA à l'issue de ce sommet.