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L'administration Obama a tranquillement commencé à expulser en masse les Haïtiens sans papiers vers Haïti, en dépit de la promesse faite le mois dernier de mettre un terme au processus de déportation suite à l'ouragan Matthew qui a causé une dévastation généralisée dans l'île des Caraïbes.

Un article du Miami Herald dit qu'il semble que la déportation de migrants haïtiens, la plupart d'entre eux, précédemment admis au Brésil suite à un tremblement de terre catastrophique en 2010, a commencé le mardi 8 novembre, jour de l'élection présidentielle américaine.

Selon les autorités aéroportuaires de Port-au-Prince, 30 personnes ont été renvoyées mardi et 40 autres sont arrivées jeudi. Les fonctionnaires haïtiens ont été informés par leur homologue américain qu'ils s'apprêtent à recevoir régulièrement des ressortissants haïtiens sans papiers du Brésil, tentant d'atteindre les États-Unis, via le Mexique.

Alors que le mois dernier, le secrétaire de l'Interieur, Jeh Johnson, annonçait que les États-Unis arrêterait la déportation d'Haïtiens illégaux pour des raisons humanitaires, il avait averti que les Etats-Unis reprendraient leur politique migratoire vis-à-vis d'Haïti dès que la situation commencerait à s'améliorer.


Mais les conditions sur le terrain en Haïti ont en fait empiré depuis l'ouragan Matthew le mois dernier a laissé près de 1.000 morts et 350.000 déplacés. Quelques 1,5 million de personnes ont également été laissées dans le besoin d'aide humanitaire en urgence car 90% des cultures dans les zones les plus durement touchées ont été anéanties par les puissants vents de la tempête.

Le président d'Haïti Jocelerme Privert a annoncé cette semaine une campagne d'aide agricole de 30 millions de dollars pour "éviter une famine nationale" mais le gouvernement n'a pas encore les fonds nécéssaires pour lancer la dite campgne.

Haïti est également ébranlé par une résurgence des cas de choléra après l'ouragan. Depuis lors, des milliers de nouveaux cas ont été enregistrés alors que 350 personnes auraient été décédées de la maladie d'origine hydrique, introduite par inadvertance dans le pays par des casques bleus népalais - le choléra est endémique au Népal - après avoir déversés des latrines dans la rivière de l'Artibonite; la plus longue du pays. L'épidémie a depuis réclamé la vie de plus de 10.000 et rendus malade des centaines de milliers d'autres.


Après près de 7 ans de déni total, l'ONU, deux mois de cela, avait enfin admis et présenté ses excuses pour le rôle qu'elle avait jouée dans l'épidémie. Elle avait également promis un paquet de 400 millions de dollars pour indemniser les victimes et aider Haïti à financer la reconstruction de son infrastructure hydraulique.


Malgré l'annonce de l'ONU, les avocats américains représentant les Nations Unies dans les tribunaux aux Etats Unis, continuent de revendiquer l'immunité pour les Nations unies, arguant que l'admission de la responsabilité et l'indemnisation des victimes constitueront un précédent dangereux, entravant la capacité de l'organisation mondiale de faire son travail à travers le monde.

La semaine dernière, l'ambassadeur haïtien auprès des Nations Unies avait appelé le gouvernement américain à faire un commentaire officiel sur la nouvelle position de l'ONU, mais aucune déclaration n'a été émise par l'administration Obama.


Il semble très improbable que le président Barack Obama, avec seulement deux mois de mandat restant, vas adopter une nouvelle position importante sur le statut des immigrants haïtiens sans papiers. La nouvelle position des États-Unis sera connue lorsque le président élu, Donald Trump, qui a fait de l'expulsion des immigrants illégaux une des pierres angulaires de sa campagne, prend ses fonctions.