Haïti est à quelques heures de plonger dans sa plus grande crise politique dans plus d'une décennie sans un accord entre le pouvoir exécutif et le Parlement haïtien dont le mandat expirera demain, pour les organisations des élections, trois années en retard; la racine de la crise. 
Par coïncidence, demain sera aussi le 5e anniversaire du tremblement de terre dévastateur qui avait laissé plus 230.000 morts, un nombre égal de blessés et 1,5 million de sans-abri. 

Président Michel Martelly, semble être incapable de parvenir à un accord avec les six sénateurs qui forment le bloc de l'opposition afin d'organiser les élections, malgré tout le consensus réalisé par le président, comme la démission du Premier ministre Laurent Lamothe, l'extension du mandat du Sénat au delà de sa date d'expiration, à la nomination de Paul Evans, le chef de l'opposition modérée et la récente démission du juge et president du CSPJ Arnel Bélizaire, tous, dans les efforts pour éviter l'aggravation de la crise. 

Depuis des mois, de nombreuses protestations massives, qui ont transformer très violente récemment, ont eu lieu dans de nombreuses régions d'Haïti, en particulier dans la capitale du pays, Port-au-Prince, demandant la démission de Michel Martelly. 
Les manifestants estiment que rien n'a vraiment changé depuis que  Martelly est arrivé au pouvoir. Le coût de la vie est encore très élevé, près de 80% de la population reste sans emploi ou n'ont pas un emploi formel et, quelques 100.000 personnes vivent encore sous des tentes après le séisme.

Aujourd'hui, dimanche 11 Janvier, le President Michel Martelly fait un dernier effort visant à signer un accord pour éviter le pire.

À l'Hôtel Kinam à Pétion Ville, avec les membres des médias locaux et internationaux présents, le président devrait signer un accord dont le contenu n'est pas encore connue par les médias, à huis clos avec certains des partis politiques et le Parlement, mais il semble que les six sénateurs du bloc de l'opposition ne s' afficheront pas, tout comme ils l'ont fait dans le passé. 

Si un accord sérieux n'est pas atteint aujourd'hui, comme il semble déjà ne se produira pas, le président n'aura pas d'autre choix que d'utiliser son pouvoir exécutif et gouverner le pays par décret; émettre une loi électorale qui faciliterait les élections, entre autres. 
Mais l'idée du président à gouverner le pays par décret, même si c'est juste pour le passage  d'une loi électorale, n'est pas attrayant pour la plupart, y compris la communauté internationale.