La crise politique en Haïti suscite de plus en plus d'«impatience» au sein de la communauté internationale, des semaines après le mandat de son président par intérim a expiré, le chef de la paix de l'ONU a déclaré samedi.

Haïti a été aspiré dans un vide du pouvoir en Juin lorsque le mandat de son président par intérim Jocelerme Privert a pris fin sans aucun successeur en vue.

Parlement avait élu Privert en Février pour une durée de 120 jours lorsque le précédent président d'Haïti, Michel Martelly, a quitté le bureau sans remplacement.

Sous le dernier calendrier électoral, un nouveau président ne devrait prendre ses fonctions jusqu'en Février prochain.

«Nous avons perdu un an et les haïtiens ont perdu un an", a déclaré le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies Hervé Ladsous lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince samedi.

"Au sein de la communauté internationale, l'impatience commence à émerger," at-il ajouté.

Après trois semaines de délibérations, le parlement de la nation insulaire n'a pas réussi à se prononcer sur un nouveau plan de gouvernement provisoire. L'Assemblée nationale a ajourné mardi, sans une résolution, après 15 heures de négociations houleuses.

«La communauté internationale ne peut pas vous remplacer -. C'est de votre responsabilité Il est à vous de trouver une formule pour surmonter l'impasse actuelle», a déclaré Ladsous, se référant au Parlement d'Haïti.

"Cette situation génère des tensions et donc des risques en termes de sécurité."

Haïti, pays le plus pauvre des Amériques, a été impliqué dans une crise politique profonde depuis que le premier tour de l'élection le 25 octobre dernier a suscité un tollé de l'opposition.

Le gouvernement haïtien a déclaré ces résultats nuls sur la base des conclusions d'une commission indépendante que le vote a été en proie à des "fraudes massives".

Le pays va commencer à partir de zéro et de tenir deux nouveaux tours de scrutin le 9 octobre et le 8 janvier, une décision coûteuse qui met les pouvoirs internationaux mal à l'aise.

Selon le calendrier électoral haïtien, le nouveau président sera nommé le 30 janvier 2017.

L'ONU mission de maintien de la Minustah a opéré en Haïti depuis 2004, et le processus de retrait reste au point mort autant que l'instabilité politique persiste.

Ladsous a dit que le corps du monde évaluera la situation plus tard cet été.

Le Conseil de sécurité est prévue pour décider de renouveler le mandat de l'opération en Octobre.

La mission comprend actuellement 2.366 soldats, 2.374 policiers et 1.200 civils.