La récente arrestation et extradition aux États-Unis du sénateur haïtien Guy Phillipe, recherché depuis plus d'une décennie par la DEA pour de nombreuses accusations de trafic de drogue et le blanchiment d'argent, continue de provoquer de grandes réactions en Haïti.

Reynold George, l'avocat de Guy Philippe, a accusé les États-Unis d'avoir kidnappé son client avec la complicité des autorités haïtiennes. M. George, qui soutient que les fonctionnaires haïtiens ont aidé des agents de la DEA à enlever l'ancien chef militaire, exhorte le parlement à examiner le traité d'extradition d'Haïti avec les États-Unis et d'autres nations pour empêcher les représentants élus d'être arrêtés et expulsés sans comparaitre devant un tribunal.

Un point de vue partagé par beaucoup, qui conviennent qu'au moins, la Cour suprême haïtienne aurait dû autoriser l'extradition de l'homme élu par ses constituants pour les représenter.

Le candidat présidentiel à l'élection du 20 novembre, Jean Henry Ceant, a déclaré aux médias locaux que l'arrestation du rebelle «est un acte irresponsable», considérant que Philipe jouit d'une immunité en raison de son statut d'électeur.

Cependant, Guy Phillipe n'a pas encore bénéficié de l'immunité accordée aux législateurs en vertu des lois haïtiennes, puisqu'il a été appréhendé trois jours seulement avant qu'il ne prenne officiellement le poste de sénateur.

Le président-élu d'Haïti, Jovenel Moise, du même parti politique du sénateur déporté et qui a fait campagne publiquement avec lui pendant les élections, n'a fait aucun commentaire public au sujet de l'arrestation.