Cuba et les Etats-Unis nommeront réciproquement des ambassadeurs après que la nation insulaire sera retirée de la liste américaine des Etats sponsors du terrorisme, a indiqué le président cubain Raul Castro.

Si l’annonce de Barack Obama en décembre 2014 de vouloir rétablir les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba a contribué au réchauffement apparent de l’atmosphère entre les deux Etats, de nombreux points de désaccord doivent encore être réglés. Raul Castro a notamment souligné mardi qu’il était impossible de poursuivre le processus de rapprochement diplomatique tant que Cuba restera accusée par Washington de soutenir le terrorisme international.

«Ce type d’accusations injustes est en train d’être levé et nous serons capables de rétablir les relations diplomatiques», a indiqué Raul Castro, cité par Associated Press, en parlant aux journalistes dans l’aéroport de la Havane après la visite du président français François Hollande.


En avril dernier, le président américain Barack Obama a présenté au Congrès les documents nécessaires pour supprimer officiellement Cuba de la liste américaine des Etats qui sponsorisent le terrorisme et la décision de ce dernier est attendue d’ici le 29 mai.

Les Etats-Unis et Cuba n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1961, bien qu’ils aient communiqué à travers des missions de niveau inférieur telles que la section d'intérêt des Etats-Unis hébergée par l’ambassade suisse à la Havane.


Une autre question sensible de relation américano-cubaine est l’embargo économique des Etats-Unis sur Cuba. Une fois que les relations diplomatiques seront rétablies, l’embargo restera actif car seul le Congrès peut le supprimer. Le président cubain insiste sur le fait que cela doit aller de pair avec la restitution à Cuba de la base militaire américaine de Guantanamo.

«Ils doivent supprimer complétement le blocus et la base à Guantanamo doit être restituée», a indiqué Castro, cité par Reuters.


Cependant, la fermeture de Guantanamo a été l’une des promesses électorales d’Obama pendant sa première campagne présidentielle en 2009. Pour le moment, 149 personnes sont toujours détenues dans cette prison, malgré le fait que la moitié d’entre elles aient déjà obtenu l’autorisation d’être transférées dans d’autres établissement.

Raul Castro a indiqué mardi qu’il avait des inquiétudes concernant les activités des diplomates américains en poste à la section d’intérêt des Etats-Unis à La Havane. Les autorités cubaines, depuis longtemps, suspectent les responsables américains d’entretenir sur l’île des contacts avec les dissidents.


Lire aussi: Les Etats Unis veulent ouvrir une Embassade à Cuba d'ici avril