2016 n'est pas 2010 disent les Haïtiens

Posted by hougansydney.com on Saturday, January 30, 2016 Under: Crise Politique



Il est plus clair que jamais que le second tour de l'élection présidentielle ne pourra pas avoir lieu avant le 7 Février, la date constitutionnelle pour le président d'Haïti Michel Martelly de quitter ses fonctions et de faire la place à un gouvernement de transition, pour organiser les élections que le president n'a pas pu organisé tout au long de son mandat de 5 ans.

Le Conseil électoral provisoire est amputé de presque tous ses membres. Son président Pierre Louis Opont, en grande partie responsable de la réalisation de cette crise a démissionné, laissant l'organe chargé de l'organisation des élections en Haïti incapable de faire son travail. La constitution haïtienne exige la séance d'au moins 6 de ses 9 membres. A ce jour, il n'en reste que seulement trois membres

Michel Martelly a récemment demandé l'aide de l'Organisation des États américains pour superviser un dialogue entre les partis politiques concernés afin que l'élection pourrait être récupéré. L'OEA est aussi énormément responsable de cette crise, si l'on considère l'ingérence de l'organisation régionale dans les élections de 2010 en Haïti, où les résultats officiels ont été modifiées, de sorte que Michel Martelly pourrait faire face à Mirlande Manigat, au lieu d'un deuxième tour avec Mme Manigat et Jude Célestin, tel que réflétaient les résultats officiels du scrutin.

L'ancien président du CEP, avait aussi été le chef de l'institution en 2010, il a admis publiquement que les élections de 2010 ont été modifiés par l'OEA et le Département d'Etat américain, sous la direction du secrétaire d'État Hillary Clinton. Mais il n'a rien fait ou dit.

Les choses sont très différentes en 2016. Les Haïtiens ont ouvert les yeux grands et refusent d'avoir une autre sélection présidentielle par la communauté internationale.

Depuis la publication des résultats des élections présidentielles de 2016, des centaines de milliers de personnes continuent de prendre la rue tous les jours afin de dénoncer ce qu'ils disent est un coup d'Etat électorale et ils continuent à exiger le départ du président le 7 Février; pas un jour de plus pas un jour de moins.     

Des manifestations violentes à travers différentes villes haïtiennes a été mentionnés par Pierre Louis Opont comme l'une des raisons de l'annulation des élections qui devait avoir lieu le 27 Janvier.

Mais, le président continue de minimiser l'ampleur de la crise, plus tôt cette semaine lors de l'inauguration de certaines infrastructures portuaires à Jérémie, le président a promis de rester au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel car il ne donnera pas le pouvoir à un gouvernement de transition. Seulement à un président élu.


Mais bientôt, le président pourrait se retrouver dans l'embarras de revenir sur ses paroles, tout comme il a dû reporter les élections au moins 4 fois récemment, après avoir appelé le peuple en ces comices.            

La majorité de la population haïtienne aimerait que Michel Martelly quitte ses fonctions le 7 Février, tout comme la constitution l'éxige. Avec de bonnes raisons. Michel Martelly est en fonction depuis les 5 dernières années, il a été incapable de parvenir à un accord avec le Parlement pour organiser la réalisation des élections. Les querelles ont traînés pendant l'intégralité de son mandat, à la suite les termes du parlement d'Haïti ainsi que tous ses maires et bureaux locaux ont expirés. Laissant le président à diriger le pays par décret. Tous les bureaux municipaux et locaux ont été remplacés par des «agents spéciaux» choisis par le président lui-même.   

Bien que nous devons reconnaître les efforts déployés par le président au début de la crise, comme quand il a sacrifié le premier ministre bien-aimé Laurent Lamothe comme un geste de bonne volonté. Le président a si bien dit alors, qu'il n'y avait rien qu'il ne ferait pour Haïti. Mais, la commission n'a pas été impartiale; l'un des membres qui ont suggéré le départ du Premier ministre Laurent Lamothe allait devenir le prochain Premier ministre: Evans Paul. 

Le président a également fait l'erreur irréparable de choisir Pierre Louis Opont en tant que président du CEP, le même Opont qui a admis publiquement que les résultats des élections précédentes ont été manifestement changé par la communauté internationale et il n'a rien fait.     

Pierre Louis Opont comme président du CEP n'a pas inspiré la moindre confiance dans le processus. Qu'est-ce qui l'empêcherait de changer le resultats des éléctions de 2016 comme en 2010 cette fois-ci? 

Malgré toutes les allégations sans fin de fraudes qui ont été dénoncés par les médias locaux et internationaux ainsi que des organisations de droits humains au cours du processus, le président n'a pas écouté leurs recommandations et a insisté pour aller de l'avant avec le processus.    

Face à la pression croissante de tous les secteurs d'Haïti le président a finalement décidé de mettre en place une commission d'évaluation des élections, mais quand la commission est sortie avec un rapport prouvant les irrégularités et les fraudes, le président a refusé d'adopter la recommandation de sa propre commission.     


Pourquoi Martelly devrait-il, rester au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel après tout ses mauvais jugements, pour organiser les mêmes élections qu'il n'a pas réussi à organiser pour une demi-décennie? Quelle est l'urgence maintenant d'organiser une éléction à la va-vite?

In : Crise Politique 



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